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Exposition "Si les châteaux m'étaient contés" au Château comtal de la Cité de Carcassonne

Par Mariette,
Médiatrice culturelle/Guide-conférencière ...

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Patrimoine (naturel et culturel)

Le château comtal de la Cité de Carcassonne accueille (du 11/10 au 19/01/15), après les châteaux de Maisons, Fougères-sur-Bièvre, Pierrefonds, Châteaudun et Puyguilhem, l'exposition itinérante "Si les châteaux m'étaient contés", organisée par le Centre des Monuments Nationaux.

Et c'est plutôt une bonne nouvelle que de pouvoir la visiter en terre carcassonnaise! C'est en effet une excellente opportunité de pouvoir ainsi voyager dans l'imaginaire collectif du château, à travers une exposition composée d'installations féeriques et autres objets dérivés.

 

Elle prend place dans les salles du musée lapidaire du château comtal, et c'est l'un des plus de cette exposition : s'imprégner de l'atmosphère des châteaux, au sein même d'un château, au milieu de sculptures et de murs séculaires aux arches gothiques. Ambiance garantie!

Le début de l'exposition nous explique comment le château est devenu un vecteur de l'imaginaire collectif depuis les Romantiques : autrefois forteresse inaccessible, inexpugnable, symbole du pouvoir de son possesseur, il va envahir le monde de l'enfance en devenant cet objet populaire que tout un chacun a pu connaître dans sa vie, grâce notamment aux contes de fées, aux images d'Epinal, ou aux jouets.

Initié par les Romantiques au XIXe s., par leur fascination pour leurs architectures et les légendes médiévales, ce goût pour le mystère et le fantastique des châteaux, relayés plus tard par les romans de fantasy, tel que le "Seigneur des Anneaux" de Tolkien, va envahir de nombreux domaines de la culture populaire.

Que ce soient les films, les jeux vidéos, la littérature, les BD, la publicité ou les jeux pour enfants : personne n'a pu échapper à cette image du château au cours de sa vie!

 

 

 

 

De nombreux exemples illustrent cette omniprésence du modèle du château dans tous ces domaines : du château-jouet en carton-pâte du début du XXe s. aux modèles en plastique plus récents de Lego, Disney ou Polly Pockets; des livres pop-up; des jeux ou planches tirées de l'héroïc fantasy (Donjons & Dragons, etc.), mais aussi des créations d'artistes contemporains, comme ces vues numériques de châteaux imaginaires.

 

 

Le monde des BD, des comics américains, des films et dessins animés est aussi bien représenté, avec de nombreux livres ou affiches illustrant l'importance du symbole du château pour véhiculer une atmosphère légendaire ou merveilleuse.

Sans oublier THE objet iconique, la fameuse "boule à neige" enserrant dans son globe de verre parcourus de flocons de neige artificiels de célèbres châteaux miniaturisés, belle métaphore du propos de l'exposition!

 

 

 

L'exposition se clôture dans la dernière salle sur l'aspect mystérieux du château : depuis le XVIIIe s. avec la littérature anglaise et le roman gothique, puis avec les Romantiques et le genre fantastique par la suite, il devient un lieu inquiétant, hanté, aux sombres recoins, environné de brumes au clair de lune.

Vampires et autres créatures surnaturelles l'habitent alors et envahissent littérature policière et fantastique, BD et cinéma, nous racontant le destin funeste qui attend les héros s'aventurant dans ces couloirs et cachots lugubres...

Ce château au décor théâtral et ténébreux, nous le retrouverons encore dans l'univers d'Harry Potter avec le château de Poudlard, aux escaliers mouvants et aux murs ornés de torchères et de portraits anciens, dont l'architecture s'inspire de celui d'Alnwick et des cathédrales gothiques de Gloucester et Durham.

 

 

Le plus de cette expo, ce sont les nombreuses installations animées qui nous plongent dans un univers fabuleux tout au long de la visite : d'abord avec des enluminures qui prennent vie au cours de petites scènes; puis avec une ambiance de château hanté grâce au château de sable sur lequel sont projetés décors lumineux et sonores; ou avec un château de princesse féerique dans lequel on a envie de plonger pour pouvoir y pénétrer; une lanterne magique, etc, etc.

C'est l'un des aspects que j'ai le plus aimé, car on se sent de manière ludique et interactive encore plus transporté dans un endroit fantastique et enchanteur!

Enluminures animées

Château de sable hanté B.Bougleux/R.Sosso/Explore Studio

"Rêverie lointaine" Louise Collet / Carton, papier 2012.

 

Enfin, j'ai beaucoup aimé également les cartels développés qui accompagnent cette exposition : en forme de château de conte de fées, cet outil indispensable pour mieux comprendre le propos a adapté sa forme à son fond, très sympa!

 

Cette exposition, vous l'aurez compris, s'adresse donc autant aux petits qu'aux grands.

Tout le monde peut s'émerveiller devant les animations, et rêver devant les nombreux exemples présentés à nos yeux. On retombe en enfance, dans un monde enchanté et magique peuplé de princesses, chevaliers & dragons.

L'exposition évite cependant l'écueil de se cantonner au cliché du conte de fées, en expliquant de manière simple et concise le contexte qui se rattache à cette évolution de la perception de l'image du château, devenu élément incontournable de l'imaginaire collectif au fil des siècles, avec toute la symbolique qui s'y rattache.

Et quoi de mieux qu'un château tel que celui de la Cité de Carcassonne pour accueillir une telle exposition!

C'est ce que j'ai au final le plus apprécié, cette très belle mise en abyme : exposer sur le château dans un château, contenant et contenu liés, pour saisir pleinement l'importance qu'il a pu acquérir, depuis sa fonction initiale d'architecture défensive, symbole de puissance, jusqu'à sa présence quasi inévitable dans notre environnement quotidien.

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