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Exposition "MARIE PETIET 1854-1893 ETRE FEMME PEINTRE AU 19E SIÈCLE" au musée des Beaux-Arts

Par Mariette,
Médiatrice culturelle/Guide-conférencière ...

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Patrimoine (naturel et culturel)

Rétrospective sur la peintre d'origine limouxine Marie Petiet avec cette exposition monographique proposée par le musée des Beaux-Arts de la ville de Carcassonne (gratuite, jusqu'au 27/09).

 

portraits marie petiet

 

Originaire de Limoux, je connais depuis toujours les oeuvres de Marie Petiet, exposées dans le musée éponyme de la cité blanquetière. Mais je ne savais hélas que peu de choses sur elle, par manque de documentation disponible. Aussi ai-je été ravie lorsque j'ai vu qu'une exposition lui était consacrée!

Le fait qu'elle soit délocalisée à Carcassonne est de plus une bonne chose, permettant ainsi de la faire connaître (ou redécouvrir) à un public plus large que celui de sa ville natale.

Marie Petiet est née en 1854 au château de La Bezole, près de Limoux. Développant rapidement des dons artistiques certains, elle se forma en copiant les grands maîtres, puis monta à Paris où elle devint l'élève du peintre Jean-Jacques Henner. Spécialisée dans l'art du portrait, ses tableaux dépeignent autant des bourgeois ou aristocrates en tenue d'apparat que des "petites gens", à travers des scènes de vie pleine de fraîcheur et d'authenticité.

 

la jeune fille aux oies

 

L'exposition se visite en environ une heure, car il n'y a pas de cartels explicatifs auxquels consacrer un temps de lecture. Mais évidemment, ce temps varie, selon que vous soyez plus ou moins envoûté par les toiles sous vos yeux...

Les deux premières salles nous présentent, en toute logique, des oeuvres de Marie Petiet, mais également quelques oeuvres de son maître Jean-Jacques Henner, afin de nous montrer l'influence qu'il put avoir sur elle. Des variations de Marie Petiet autour de la Marie-Madeleine endormie de Henner (conservée au musée des Augustins de Toulouse), ou les magnifiques portraits de jeunes italiennes, nous font ainsi nous rendre compte de la relation forte existant entre élève et maître dans un atelier.

Auto-portraits et portraits de ses proches et de jeunes nobles se succèdent, entrecoupés d'une scène tirée du théâtre avec "Rosine et Bartholo". Mais ce sont surtout les portraits de gens plus modestes (écailleuse, marchandes, blanchisseuses...) et ses scènes de genre que je préfère. Quelle délicatesse, quelle sensibilitité et quelle douceur transparaissent dans ses descriptions de grisettes, de gardienne d'oies, de paysannes ou de vieilles femmes, sans misérabilisme aucun!

C'est ce réalisme empreint de tendresse que j'affectionne particulièrement chez Marie Petiet, tout comme cette plongée dans l'époque révolue de la fin du XIXe s. avec "Guignol au village", "les blanchisseuses", etc.

La troisième et dernière salle, à gauche en entrant dans le hall d'entrée, nous dévoile une dernière oeuvre de Marie Petiet, très orientalisante ("Femme lisant allongée sur des coussins"), parmi d'autres toiles de son maître Jean-Jacques Henner, d'Hector Leroux (son premier maître), et de travaux de leurs élèves féminines : Aline Boulian, Germaine Dawis, Fanny Fleury (spectaculaire "repos du modèle" du musée Paul Valéry de Sète), etc.

 

les blanchisseuses

 

Je vous conseille donc vivement d'aller visiter cette exposition, car elle a le mérite de mettre en lumière l'oeuvre de Marie Petiet qui, en-dehors de sa ville d'origine, Limoux, n'est malheureusement pas ou très peu connue.

C'est fort regrettable, car son oeuvre est selon moi exceptionnelle et très émouvante. Sa vie de femme peintre, hors du commun, en ce 19e s. des Beaux-Arts encore fortement masculin, est passionnante : elle a eu la chance de pouvoir laisser épanouir son art, en suivant une formation à Paris, auprès d'Henner, et de faire des salons, malgré sa localisation provinciale.

Son don de transcender dans ses toiles d'humbles personnes avec beaucoup de délicatesse, de sensibilité et de douceur, me bouleverse à chaque fois. Cette exposition est donc la parfaite occasion de la mettre en lumière, et ce n'est que justice.

Notez l'absence de cartels explicatifs (hormis une biographie en dates-clés à la fin de l'expo) : je vous conseille donc d'acheter le catalogue (peu onéreux, 18,50€) car pas ou peu de publications existent à ma connaissance sur elle, afin d'approfondir le sujet.

Et si vous voulez vous imprégner davantage de l'univers de Marie Petiet, n'hésitez pas à aller à Limoux à moins de 30 kilomètres de là, pour visiter le musée qui porte son nom. Ses collections de peintures de la seconde moitié du XIXe s. sont présentées dans l'ancien atelier de la famille Petiet, vous plongeant ainsi dans l'atmosphère feutrée d'autrefois!

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